Lumière sur le projet « Le Tissu solidaire », finaliste du PIEED 2016 !

tissuL’association IAE Enactus Lyon, qui travaille à l’intégration des personnes réfugiées et demandeuses d’asile sur la métropole, nous a accordé un interview pour nous parler de son expérience du PIEED à travers son projet « Le Tissu Solidaire ». C’était l’occasion de rencontrer Elise Bruno, chef du projet qui s’est largement développé depuis le concours…

 

Est-ce que tu peux nous résumer le projet qui a été présenté pour le PIEED de l’édition 2016 ?

Le projet s’appelle « Le Tissus solidaire », le but est de créer un échange entre étudiants et demandeurs d’asile, à travers des ateliers de couture et l’organisation d’activités culturelles. Nous réalisons d’abord les ateliers de couture avec les étudiants et les demandeurs d’asile.

Comment se déroule la commercialisation de ces produits ?

Les demandeurs d’asiles sont ceux qui créent les produits. Mais ce sont principalement les étudiants qui s’occupent des ventes, même si certains demandeurs d’asile ont déjà été présents. La partie couture se fait lors d’ateliers où les demandeurs d’asile sont là comme les étudiants, c’est là où un réel échange se crée. En général les demandeurs d’asile ne parlent pas très bien français, donc cela peut les aider à progresser.

Au-delà du financement des activités culturelles, quel est l’impact que vous souhaitez obtenir de ces échanges ?

Les demandeurs d’asiles sont souvent confrontés à l’isolement car ils vivent dans des structures dont ils sortent peu. Ils sont généralement en contact avec des professionnels et animateurs à l’intérieur de ces structures, et le contact avec des étudiants est rare voire inexistant. Donc nous avons voulu établir une certaine mixité, et permettre aux demandeurs d’asile de s’intégrer. Le but de ces échanges est aussi d’apprendre plein de choses : les étudiants ont beaucoup de choses à retirer des demandeurs d’asile et les demandeurs d’asile des étudiants. C’est là qu’on peut retrouver une dimension d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale, à travers cette réciprocité.

Depuis le PIEED, comment a évolué ton projet ?

Nous avons fait une pause pour les ateliers depuis les vacances d’été, car c’était un temps de transition. Nous avons donc ensuite pu redémarrer en octobre. Nos bénéficiaires ont également changé donc nous n’avons plus les mêmes demandeurs d’asile qu’avant. Les ateliers se sont faits avec principalement cinq demandeuses d’asile. Nous avons beaucoup plus vendu que l’année dernière, surtout grâce aux marchés de Noël et à des publics plus sensibilisés à la cause : ça a très bien marché. Récemment aussi nous avons gagné des fonds d’amorçage, par la fondation Vinci pour la cité. Le but maintenant pour nous est de se recentrer sur Lyon et de trouver un local, pour mélanger des personnes de différents CADA [centre d’accueil des demandeurs d’asile].  Et nous avons aussi beaucoup plus de matériel, de machines à coudre, de tissus. Donc en fait, en centralisant tout ça, nous pourrait arriver à une plus grosse production. Ça permettrait de vendre plus et donc d’organiser beaucoup plus d’activités culturelles.

Comment pourrais-tu décrire à ce propos le travail de sensibilisation que vous réalisez lors de la vente des tissus, et comment communiquez-vous sur l’origine de ces-derniers ?

Et bien là par exemple lors du marché de Noël ou d’autres marchés locaux, nous savions que les passants représentaient déjà un public intéressé. Le contexte de la vente permettait aussi de discuter avec les personnes, donc nous pouvions expliquer d’où viennent ces produits et comment ils ont été produits. Sinon au niveau de la qualité des produits je pense que nous nous sommes un peu améliorés, il y a notamment plus de diversité, ce qui a dû jouer aussi. Par ailleurs j’ai aussi pu participer récemment à une conférence organisée par Make Sense, en tant qu’intervenante. Nous nous sommes réuni.es dans une auberge de jeunesse sur le débat de « Agir localement pour les réfugiés ». J’ai pu ainsi faire part de mon projet, ce qui l’a fait connaitre petit à petit.

Comment définirais-tu l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI) à partir de la vision de ton projet ?

Pour moi c’est donner accès et une chance à tout le monde de faire des choses et de faire avancer la société. Nous voulons agir du côté des demandeurs d’asile qui ne peuvent pas travailler car ils sont dans l’attente d’un statut. C’est difficile de valoriser leur travail, ce que nous nous proposons de faire en leur permettant de produire quelque chose, et avec un échange. Et en retour comme nous ne pouvons pas les payer, nous essayons d’organiser ces activités culturelles. Nous pouvons ainsi leur présenter des musées comme le musée Confluence, aller au restaurant, leur faire connaitre la culture française. Eux-mêmes peuvent ensuite nous inviter à leurs événements, pour nous faire connaitre leur culture. Pour moi l’Education à la citoyenneté et à la solidarité internationale c’est pouvoir échanger et donner une chance à tout le monde.

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