Lumière sur le projet « Ponts d’horizon », 2e prix du PIEED 2016 !

Lauréates lors de la 7e édition du PIEED en 2016, Marine et Laure nous racontent l’évolution de leur projet « Ponts d’Horizons » et la vision de l’ECSI qu’elles souhaitent faire émerger. Depuis les premières idées et recherches sur le projet à l’écriture de leur pièce, c’est un travail longuement réfléchi et que nous présentent les membres de la Compagnie Itinéraire Bis, afin de s’informer et échanger sur l’état de fait de la situation en Palestine et l’image renvoyée par les médias.

En quoi consiste votre projet ?

Laure : Le projet s’appelle « Ponts d’Horizon », et regroupe une création théâtrale qui va s’appeler le « Cri du silence », et autour de laquelle nous allons mettre en place une exposition, une série d’ateliers, et éventuellement des débats, qui pourraient suivre la pièce et/ou les ateliers. Nous aimerions que les espaces de représentation ne soient pas figés entre ces différents volets, afin de permettre une interaction avec le public. Il y a beaucoup d’idées qui vont pouvoir s’adapter et se moduler en fonction des lieux : si cela a lieu dans le cadre d’un festival, dans la rue ou ailleurs.

Marine : La pièce de théâtre documentaire occupe une place centrale dans notre projet, par rapport aux autres formats. Nous sommes en train de la créer à partir d’un certain nombre de témoignages que nous avons récoltés là-bas : une quarantaine d’heures d’enregistrement, mais aussi des articles de journaux que nous avons compilés et sélectionnés, ainsi que nos carnets de voyage. Nous pouvons à présent passer à l’écriture et réaliser un travail de salle, soit voir comment allier des sons, des photos, des articles, et des informations.

Est-ce que vous pouvez nous parler de la naissance du projet, de ce qui vous a donné l’envie de vous lancer sur cette thématique ?

Laure : Nous avons toujours été intéressées par ce sujet, et il se trouve que nous avions un ami qui vivait à Ramallah. A ce moment-là nous travaillions sur un spectacle de contes pour enfants, et nous avions envie de nous attaquer à quelque chose de plus consistant, qui ait une portée plus large. Il ne s’agissait pas de simplement voyager puis de créer un spectacle mais de partir une première fois là-bas pour connaître, comprendre un peu mieux la situation, et rencontrer des gens. Nous avons ainsi pu créer des contacts et donner quelques ateliers là-bas. L’idée était avant tout de ne pas partir dans une création basée sur nos préjugés forgés ici, car c’est une situation très complexe. Il y a donc plein de choses à démêler. 

Quelle est la vision et l’objectif de l’Education à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI) que vous défendez dans ce projet ?

Laure : D’abord je pense qu’il faut faire prendre conscience de ce qu’il se passe là-bas, ce qui est déjà très problématique. Il y a nécessairement une posture de solidarité à prendre. En effet, tout le monde se fait une idée du thème sans forcément tout savoir dessus. Cela représente donc des idées et questionnements à déconstruire et à rappeler. Nous travaillons en ce moment sur cette matière.

Il est donc difficile de sensibiliser ou débattre sur un thème, et d’éviter le discours politique ?

Laure : Énormément, il faut éviter que de lourdes tensions n’apparaissent en moins de 10 minutes ! Ce projet a suscité beaucoup de réactions très diverses et parfois mêmes très surprenantes, certaines personnes pensaient que nous étions folles de faire un tel voyage, qui leur paraissait déjà très dangereux.

Marine : En effet, le simple fait de dire que nous travaillons sur ce thème est difficile à expliquer, cela peut créer différentes réactions et questions : « Qu’est-ce que tu veux en faire ? Tu es antisémite ? De quel point de vue tu te places ? Quels sont tes préconçus ? « etc.

Pour vous qu’est ce qui peut expliquer tout cela ?

Marine : C’est en grande partie les médias. Quelqu’un qui ne s’intéresse pas particulièrement à la géopolitique peut vite avoir une idée inconsciemment véhiculée de ce conflit. Les médias peuvent en donner une version un peu différente, mais cela rester superficiel. Et même nous, qui nous étions beaucoup informées, avons réalisé en arrivant là-bas que nous n’avions compris que partiellement ces articles. Nous avions projeté une autre idée sur ces informations. Il faut vraiment s’informer lorsqu’on s’intéresse à ce conflit car il s’agit de quelque chose de très dense en termes d’information.

Laure : A l’international, c’est une thématique déjà très régulièrement traitée. Je pense aussi qu’il y a en France un contexte un peu particulier par rapport au conflit, d’où le fait que des positionnements très tranchés y soient représentés. Nous ne sommes donc jamais sur un terrain vierge. En 2014 par exemple lorsqu’il y a eu le conflit à Gaza nous avons pu voir un fort impact en France aussi. Nous voulions donc comprendre aussi comment certaines personnes s’approprient inconsciemment cette histoire, et s’y identifient parfois pour expliquer leurs propres problèmes.

Comment avez-vous rencontré vos partenaires et les gens qui vous ont aidées, ici et sur place ?

Marine : Nous avions déjà pris des contacts lors de notre premier voyage, suivis par quelques démarchages avant notre second voyage, en particulier un théâtre et une association, avec qui nous avions passé quelques jours là-bas. Nous avons aussi démarché des instituts français, que nous avions rencontré à Ramallah et à Naplouse, ce qui nous a permis un appui logistique sur place. 

Laure : Concernant les partenariats en France, cela s’est plus joué à partir de notre expérience artistique. En tant que compagnie nous connaissons cette démarche-là, celle de chercher une résidence artistique pour travailler notamment. Il y a aussi quelques bouts de collaborations qui vont se faire avec des connaissances ou des amis, comme concernant le son, certains aspects chorégraphique au cours de la pièce, ou encore la communication.

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